Newsletter n°7 – Septembre 2026

Sep 24, 2026 | Nos Newsletters

Le 2 septembre 2026 marquait les 35 ans de la République d’Artsakh. Cette date nous invite à regarder son histoire avec le recul du temps, mais aussi à nous interroger, en tant que jeunes générations, sur la manière dont nous souhaitons nous en saisir pour penser l’avenir.

De jeunes Arméniens, mais aussi de jeunes Français d’origines diverses, s’intéressent aujourd’hui à cette histoire. Nous nous rencontrons dans les universités et les associations étudiantes, nous échangeons, débattons et cherchons à mieux comprendre.

Nous utilisons également les outils de notre génération : vidéos, témoignages et réseaux sociaux, pour partager ce que nous découvrons et faire connaître cette histoire à un public plus large. Pour donner à voir cette démarche, deux vidéos sont intégrées à cette lettre d’information.

Dans cette newsletter, nous vous proposons également deux regards sur les enjeux que l’Artsakh soulève aujourd’hui : celui de Marina Mesure, députée européenne, à la suite de son voyage en Arménie et de ses rencontres avec des déplacés artsakhiotes, ainsi que celui d’Ulysse Manhes, auteur et journaliste à France Culture, autour du livre qu’il a écrit avec Herminé Avagyan.

Connaître, comprendre et raconter l’Artsakh, c’est aussi contribuer à ce que son histoire continue d’être étudiée, transmise et discutée, afin que les générations futures puissent, à leur tour, se forger leur propre regard et réfléchir à l’avenir.

Vidéo : 2 septembre 1991, la République d’Artsakh est née

Au travers de ces quelques lignes, je ne viens pas vous raconter l’Artsakh. Vous le portez mieux que personne. Mais je veux vous dire ce que j’ai entendu à Erevan, et ce que j’en ai fait à Bruxelles.

Je m’y suis rendue en juillet dernier, en tant que députée européenne, membre de la délégation pour le Caucase du Sud. Si j’y suis allée, c’est parce qu’il est des silences qu’un mandat n’autorise pas. Je voulais entendre de vive voix ce que les médias de masse passent sous silence.

Durant ce court séjour en Arménie, vous m’avez parlé de vos villages en Artsakh, de ce que vous y avez laissé, des livres restés sur l’étagère du salon. Vous avez exprimé votre crainte qu’on efface, après vos maisons, la mémoire des Artsakhiotes et que l’on nie un jour que vous y avez vécu pendant des millénaires. Cette peur, je l’ai entendue. Et je sais que cet effacement est déjà à l’oeuvre.

Alors je suis rentrée à Bruxelles et je n’ai rien rangé dans un tiroir. J’ai, dès mon retour, interpellé la Commission européenne à trois reprises. Je lui ai demandé de rendre des comptes sur l’effacement du patrimoine arménien orchestré par le gouvernement d’Aliyev. Je voulais qu’elle réponde aux multiples ordonnances de la Cour internationale de justice et qu’elle nous dise franchement ce que l’Union européenne compte faire. Loin des éléments de langage habituels.

Vous m’avez fait confiance en me livrant vos histoires, alors je refuse d’ajouter mon silence aux autres. La solidarité qui se tait devient complicité. Malheureusement pour eux, je n’ai pas été élue pour me taire.

Vidéo de Marina Mesure : “Je ne me tairai pas et continuerai de me ranger du côté du droit international”

L’Artsakh dans le débat politique français

En France, nous continuons à faire entendre la voix de l’Artsakh auprès des institutions et des responsables politiques, pour que les droits des Artsakhiotes, le sort des prisonniers arméniens et la préservation du patrimoine restent présents dans le débat public.

Ces derniers mois, des élus de sensibilités différentes ont porté ces questions à l’Assemblée nationale (Question écrite de la députée Elisa Martin : Diplomatie française et violations du droit international par l’Azerbaïdjan) et au Sénat (Question du sénateur Etienne Blanc relative au patrimoine chrétien au Haut-Karabagh).

Le 31 juillet, l’Assemblée de Corse a également adopté une motion demandant la libération des 19 prisonniers arméniens et réaffirmant les droits fondamentaux des Artsakhiotes.

Ces prises de parole montrent qu’au-delà des clivages politiques, les droits des Arméniens d’Artsakh continuent de susciter des prises de position et des engagements.

Vidéo : Adoption de la motion relative au soutien à l’Artsakh et à la libération des prisonniers détenus par l’Azerbaïdjan

19 prisonniers arméniens : continuer à demander leur libération

Le sort des 19 Arméniens détenus en Azerbaïdjan demeure l’une des questions les plus urgentes liées à l’Artsakh. En France, cette réalité est également portée dans l’espace public. La Ville de Paris a choisi d’afficher leurs portraits, donnant un visage à ces hommes toujours privés de liberté. La vidéo qui suit revient sur leur histoire et sur les raisons pour lesquelles nous devons continuer à parler d’eux, à retenir leurs noms et à demander leur libération.

Vidéo : 19 prisonniers arméniens : retenez leurs noms

3.1 Fun French : apprendre, jouer, retrouver confiance

Nos autres engagements humanitaires auprès des Artsakhiotes installés en Arménie se poursuivent. Fun French en est un exemple. Pendant trois semaines de juillet, 45 enfants de 10 à 15 ans déplacés d’Artsakh ont retrouvé à Erevan un espace pour apprendre, jouer et simplement être ensemble. Avec quatre enseignants eux-mêmes originaires d’Artsakh, ils ont découvert le français à travers des jeux, des chansons et des projets. Des séances avec une psychologue, des visites à l’Université française en Arménie et au Centre Aznavour ont également rythmé leurs journées. Au fil des semaines, des amitiés se sont nouées et la confiance est revenue. “Je me suis fait de nouveaux amis. Je voudrais que l’année prochaine arrive plus vite”, confie l’un des enfants. Une parenthèse d’été pour retrouver le plaisir d’apprendre et regarder de nouveau vers l’avenir.

3.2 Solidarité avec les étudiants originaires d’Artsakh inscrits à l’UFAR

Nos programmes humanitaires en faveur de l’Artsakh sont prioritairement destinés aux jeunes générations. Pour les années universitaires 2025-2026 et 2026-2027, l’ASA a coordonné une mobilisation en faveur des étudiants originaires d’Artsakh inscrits à l’Université française en Arménie. Grâce à la solidarité de ses partenaires et donateurs, une trentaine de jeunes ont ainsi pu bénéficier de bourses d’études.

Pour ces étudiants, poursuivre leurs études représente bien plus qu’un parcours académique : c’est la possibilité de retrouver une stabilité et de construire leur avenir.

Avec le soutien de : Association Chêne France • Maison de la Culture arménienne de Vienne • Rencontres et Culture arménienne de Clermont-Ferrand • Association MENK • Association Idjé-Val de Valence • Amicale arménienne de Romans et de ses environs • ACFOA de Septèmes-les-Vallons et de ses environs • Paroisse de l’Église apostolique arménienne de Romans et des environs • Nouritza Torossian et Avedis Torossian